21 juin 2008

The Bellrays en photos à La Maroquinerie




"Hello everybody, we are The Bellrays !".
Phrase habituelle d'annonce dite par Lisa Kekaula sur un tapis sonore constitué de larsen et de roulements de batterie tabassée. Effet immédiat : des frissons. Effets secondaires : un tourbillon. Quand The Bellrays montent sur scène, ils sont en sueur en cinq minutes. Et nous en trois.
Bob Vennum est passé de la basse à la guitare depuis le départ de Tony Fate qui ne pouvait plus suivre le rythme incessant des tournées. Les Bellrays sont en effet inlassablement sur la route. Prennent juste le temps de s'arrêter pour enregistrer un album afin de justifier de nouvelles dates. On redécouvre Bob à la guitare avec une présence éléctrique qui en impose. Le nouveau bassiste se donne beaucoup, comme conscient qu'il a trois putain de machines à rock n'roll à ses côtés et qu'il doit se défoncer au risque de passer simplement inaperçu. Craig Waters a la batterie à une gueule, une gestuelle, une frappe, une bonhomie qui attirent les regards. Ce type ne s'assoit pas à son siège pour réciter : il imprime, upgrade les tempos, presse les rythmes comme les enchaînements. Car c'est aussi ça les Bellrays : un enchaînement quasi ininterrompu d'effluves rock, soul, punk et jazz. Respirer entre les morceaux...pourquoi faire ? On sue de bonheur avec eux. On se brûle à leurs contacts et on en redemande, comme un plaisir masochiste un brin coupable.
Et puis il y a Lisa Kekaula. Bob est son guitariste, en est amoureux et l'a même épousée. On ne peut que le comprendre. Cette disponibilité par rapport à sa musique laisse sur place. On est fasciné par le grain de sa voix, sa puissance et sa faculté d'être dans la bonne émotion à la seconde prés. Enchaîné un plan soul avec un plan rock n'roll qui fricote avec le punk pourrait paraître incongru, voir vulgaire. Avec elle, cela touche à l'évidence. Elle nous carresse puis nous fouette le visage, le tout avec un sourire désarmant. Elle joue avec nous sans le vouloir et on est là comme ça, non pas à attendre, mais à sauter avec elle pour la suivre dans ses élans de prêcheuse soul.
La sincérité du propos, la qualité d'interprétation, les sourires omniprésents, la sueur, l'âme de l'ensemble, l'énergie nous font comprendre que nous sommes des privilégiés dans cette salle de 500 personnes aux dimensions chaleureuses qu'est La Maroquinerie. Car ce groupe qui existe depuis 1992 à 7 albums à son actifs. 5 enregistrés avec un simple magnéto (dans une pièce qu'on imagine minuscule et accolée à un vésuve), et les 2 derniers dans des conditions plus confortables et qui exploreront un peu plus une voix soul avec un son bien plus ample. Les critiques sont unanimes et 15 ans après, on ne se les tape pas dans des grandes salles mais dans des conditions club.
Une injustice pour eux mais un plaisir égoïste pour nous.

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