05 mars 2008

Kinski en live à la Flèche d'Or

Halte aux idées reçues ! Un groupe qui vient de Seattle ne fait pas forcément du grunge. Même s'il est signé chez le mythique label Subpop.
Pour preuve, Kinski fait du rock aromatisé au punk graisseux, saupoudré de noise et arrosé au post rock. Cyril Lignac peut aller se rhabiller et faire sa cuisine autre part. Très loin d'ailleurs tant on obtient ici une savante mixture. Les riffs de guitares se font tour à tour hypnotiques, planant, nerveux. La bassiste sort parfois un archer et caresse ainsi sa basse quant elle ne décide pas de la maltraiter aux travers de riffs saccadés. Un des guitariste, comme ayant ingurgité d'un seul coup des champignons hallucinogènes, nous gratifie d'un solo de flûte traversière interprétée sous un nuage d'effets.... Devendra Banhart n'a qu'à bien se tenir. L'autre guitariste, lui, concentré sur ses riffs épicés qui sont d'une variété nous flattant les oreilles, prend de manière sporadique le micro pendant que le batteur frappe avec fermeté son kit tel un fraggle rock, quant il ne quitte pas son tabouret pour aller fouetter des cymbales et autres percussions qui n'en demandaient pas tant.
Le tableau, vous me l'accorderez, est déjà pas mal. Vous rajoutez à ça leurs gueules. "Des gueules qu'on oublie pas" comme me disait souvent tante Bernadette. En fait, des sacrés faciès qui appuient l'idée qu'on a affaire à un groupe qui a du vécu, qui sait d'où il vient, et surtout - plus rare -, qui sait ce qu'il veut et où il va.
Ils ont donné un set très court à la Flèche d'or à Paris. Ce n'est pas bien grave. N'en déplaise à certains, c'était bref mais tellement intense et bon que beaucoup affichaient à la sortie du concert un sourire certes un peu niais, mais surtout extasié. Finalement un état qu'on passe tous un peu notre vie à rechercher.
A revoir et consommer sans modération.



1 commentaire:

Bertrand a dit…

"Kinski fait du rock aromatisé au punk graisseux, saupoudré de noise et arrosé au post rock." Du grunge, quoi. :)